Lambersart, ma source (4) la fin d’un cycle…

"La Der" au Conseil des Jeunes... J'y reviendrais en 2008 pour en prendre la Présidence. Gauthier Danset, toujours présent aujourd'hui pour être lui aussi un acteur associatif important de la ville, et le DJ des soirées...

« La Der » au Conseil des Jeunes… J’y reviendrais en 2008 pour en prendre la Présidence. Gauthier Danset, toujours présent aujourd’hui pour être lui aussi un acteur associatif important de la ville, et le DJ des soirées…

Le Conseil des Jeunes permet aux jeunes de faire parti du conseil jusqu’à l’âge de 18 ans…

Les élections doivent se tenir en Juin 1994…. J’aurais alors eu 17 ans et 8 mois, et j’aurais pu me représenter pour un second mandat de deux ans…

Malheureusement, pour une raison que j’ignore,les élections ne se tiennent que le 23 Novembre… J’ai alors 18 ans et 8 jours! Après une dernière assemblée plénière, exit donc le Conseil des Jeunes…

Dur!

Je décide de ne pas m’arrêter pour autant et demande un rendez vous au Maire : je veux continuer mon action au nom des jeunes, et je souhaite donc m’engager au sein du Conseil Municipal…

Je suis reçu cordialement par Marc Philippe Daubresse, j’exprime alors mes idées et donne plusieurs orientations d’actions possibles en faveur des jeunes.

La réponse qui m’est faite ne me convient pas du tout : On m’explique que je suis trop jeune, qu’il me faut attendre…

Attendre? Et qu’est ce qu’on fait alors pour les jeunes durant tout ce temps?

Je décide de continuer au FC Lambersart, où je reste éducateur, et devient Trésorier pour une saison, avant d’en prendre la vice-présidence la saison suivante.

Et je continue à jouer avec les jeunes de mon quartier sur les créneaux du Lundi qui nous restent acquis.

Là au moins, je me sens pleinement utile…

Le succès de l’AJFC est tel que nous sommes désormais à l’étroit sur le terrain synthétique.

On se retrouve dans l’obligation de refuser des jeunes du quartier qui veulent nous rejoindre.

Nous demandons alors un créneau dans une salle de sports… On nous répond à nouveau que c’est impossible… Et je n’ai plus la tribune du Conseil des Jeunes…

Malheureusement (ou heureusement selon la façon dont on regarde les choses) Canteleu commence à devenir le théâtre d’incivilité… La pression monte dans le quartier, et les jeunes sont souvent montrés du doigt et désignés comme la cause principale de ce qui s’y passe.

Le Maire décide alors de provoquer une réunion publique avec les habitants au centre Jules Maillot. Je décide de m’y inviter…

Assis dans le fond de la salle, j’entends alors les habitants se plaindre (à juste titre parfois) des jeunes qui, livrés à eux même, sans grand chose à faire, trouvent parfois une occupation en faisant quelques conneries… Ne dit on pas que l’oisiveté est mère de tous les vices?

Je prends alors la parole, et demande comment on peut reprocher aux jeunes de faire des bêtises quand la seule demande qu’ils font est de pouvoir faire un peu de sport et qu’on leur refuse l’accès aux salles!

Cette fois encore, la presse est présente… Et la demande fait mouche! Le Maire s’engage devant tout le monde a nous donner un créneau de salle. Ce sera Salle Lavoisier…

J’ai obtenu ce que je voulais et j’en suis très heureux… Mais je n’ai toujours pas d’appui à proprement parler, humainement parlant sur le terrain, de la ville… Je dois me consacrer un peu à  mes études, et progressivement mais sûrement, la bande de l’AJFC se dissout inexorablement…

Et à mon grand regret, la municipalité ne fait pas grand chose pour reprendre le flambeau…

Il faut dire que le quartier connait une certain accalmie…

Lambersart, ma source (3) le FC Lambersart, début de l’histoire…

Les "Pupilles" du FC Lambersart saison 93/94. On peut voir en arrière plan l'inénarrable "terrain rouge"!

Les « Pupilles » du FC Lambersart saison 93/94.
On peut voir en arrière plan l’inénarrable « terrain rouge »!

Alors que se déroule l’aventure AJFC, je suis également joueur du FC Lambersart…

Au bout d’une petite saison en « cadets », Jean Michel Goeminne, à l’époque un jeune éducateur réputé pour la qualité de son travail, me propose de devenir éducateur avec lui, et d’entrainer une équipe de « Pupilles ».

C’est donc sous son parrainage, que je prends ma première équipe de jeunes… Les Pupilles B. J’ai alors 16 ans.

Outre le fait de pouvoir là encore, m’occuper des autres, je trouve extraordinaire de pouvoir m’occuper de « gamins », pour qui, en étant leurs éducateurs, nous devenons de véritables référents.

Cette expérience me passionne, et me donna quelques uns des plus beaux moments de ma vie au contact de ces gosses.

Beaucoup ont grandi et sont désormais adultes, voir des pères de famille! J’ai gardé pour chacun d’entre eux une affection particulière, et je crois pouvoir dire que la plupart me la rende bien…

Très rapidement, je me rends compte que le club fonctionne avec beaucoup moins de moyens que les clubs similaires des autres villes voisines…

Là encore, je ne comprends pas pourquoi la ville met si peu de moyens à disposition d’une association comme le FCL qui, non seulement m’a ouverte ses portes au lieu de me laisser à la rue, mais en plus venait de me responsabiliser d’avantage…Ce qui allait changer ma vie!

Parfois, je me demande ce que je serai devenu sans ce club… C’est précisément pour ce que je lui dois, que j’ai décidé de m’y investir et de me battre pour qu’il ait plus de moyens. Je rentre au comité directeur du club à 18 ans.

J’y reviendrai mais j’ai désormais l’honneur de présider cette association depuis 2005.

Lambersart, ma source (2) Début du Conseil des Jeunes, l’AJFC…

AJFC - Southborough On aperçoit sur cette photo Yvon Cousin et Michel Deneuville venus supporter les "jeunes"

AJFC – Southborough
On aperçoit sur cette photo Yvon Cousin et Michel Deneuville venus supporter les « jeunes »

L'AJFC fait à nouveau parler d'elle en se qualifiant pour la finale d'un tournoi en salle. On reconnait à nouveau Yvon Cousin, toujours proche de nous...

L’AJFC fait à nouveau parler d’elle en se qualifiant pour la finale d’un tournoi en salle. On reconnait à nouveau Yvon Cousin, toujours proche de nous…

L’élection se déroule en 1992, et je me présente en tant que représentant de mon quartier de Canteleu. Je réunis une cinquantaine de suffrages (53 de mémoire) et je suis donc élu au Conseil des Jeunes…

Je compte bien, dès lors, faire entendre la voix des jeunes de Canteleu, dont je fais parti…

Parallèlement, las de ne jamais pouvoir jouer dans de bonnes conditions, et surtout aussi souvent que je ne le voudrais, je décide d’intégrer un des trois clubs de football de la ville…

Je ne tente même pas ma chance à l’Iris, vu les rapports quelques peu tendus que nous pouvions parfois entretenir avec les éducateurs qui nous viraient du terrain synthétique quasi-quotidiennement .

Je vais donc au FC Lambersart … Ce club qui m’accueille immédiatement et avec beaucoup de sympathie, malgré mon niveau sportif, loin d’être exceptionnel…

Certains de mes amis n’ont pas la chance de pouvoir nous suivre… Là encore, l’argent est parfois en cause… Difficile pour tout le monde de payer la cotisation… Même si le club fait déjà preuve de beaucoup de compréhension. De mon côté je décide de me battre, grâce au Conseil des Jeunes, pour permettre à mes potes de se retrouver et de pouvoir jouer ensemble…

Le Conseil des Jeunes s’installe, et je défends bec et ongles la possibilité pour nous, les jeunes de Canteleu, de disposer d’un créneau de terrain synthétique en total autonomie…

Beaucoup d’adultes me regardent avec une certaine tendresse en m’expliquant que « c’est beau de rêver » mais qu’en clair, je n’obtiendrais jamais ce que je demande.

En effet, les premiers contacts sont difficiles… A l’époque, cela ne s’était jamais fait et personne n’était d’accord pour prendre ce risque… Laisser des jeunes occuper un terrain qui valait beaucoup d’argent sans cadre??? Quelle folie!

Je me souviens encore des premiers échanges avec Michel Deneuville, alors Adjoint aux sports, et pas du tout convaincu par cette idée !

Le temps passe, et je n’ai toujours pas de terrain.

Mais je ne lâche rien… Et lors de l’assemblée plénière du Conseil,  je prends la parole pour dire que je ne suis pas satisfait de ce que propose le conseil et que si c’est pour faire semblant de nous concerter, sans nous faire confiance, je préfère partir….

Ce jour là, la presse est présente… Et comme par magie, la situation se décante! J’obtiens un nouveau rendez vous et j’apprends que nous allons avoir un créneau, le lundi soir, sur un demi-terrain de football synthétique à Guy Lefort!!

C’est le début d’une formidable aventure qui va durer près de 5 ans.

Grâce à ce créneau, dont je me porte garant, nous structurons notre équipe de quartier que nous baptisons l’AJFC (Association des Jeunes Footballeurs de Canteleu).

Grâce au dispositif « contrat jeunes », nous finançons nous même nos ballons, shorts, maillots, chaussettes…

En écrivant ces lignes, je repense avec émotion à Christine Sarels et Jacky Rameaux du service jeunesse de l’époque, qui, avec Yvon Cousin et finalement Michel Deneuville, avec la bénédiction du Maire Marc Philippe Daubresse, nous ont fait confiance.

L’occasion de rendre ici hommage à tous ces animateurs, au contact des jeunes, qui leur apportent tellement, malgré, souvent, et particulièrement à Lambersart, des moyens faméliques.

Nous nous retrouvons désormais très régulièrement, et nous participons à des tournois en salle, ou sur herbe.

Le pont d’orgue de cette formidable aventure humaine restera la double confrontation face à Southborough, notre ville jumelée dans le Kent en Angleterre.

Nous étions une bande de jeunes d’origines sociales, d’âges ou de cultures très différents… Mais nous avions formé une « union sacrée » autour du sport et du football… Et alors que personne ne croyait que nous obtiendrions quoi que ce soit, nous y étions parvenus… Parce que nous avions fait corps et que nous n’avions rien lâché…

Je garde de cette expérience la conviction que tout est possible, à partir du moment où on se bat avec ses valeurs, pour une cause que l’on estime juste.

Lambersart, ma source… (1) Mon enfance à Canteleu, Dominique Savio…

Photo d'une messe en l'église Saint Sépulcre pour le départ de l'Abbé Hespel. Une autre lors de ma communion privée dans la cour de l'école Dominique Savio... Tout cela n'existe plus...

Photo d’une messe en l’église Saint Sépulcre pour le départ de l’Abbé Hespel. Une autre lors de ma communion privée dans la cour de l’école Dominique Savio… Tout cela n’existe plus…

Avant de vous parler de mon engagement citoyen, je voulais mon narrer mon Histoire à Lambersart…

En effet qui suis je? Quelle est mon expérience Lambersartoise? Qu’est ce qui me permet de prendre la parole au sein de cette ville, hormis mon statut de citoyen?

Voilà quelques éléments de réponse pour ceux que cela intéresse …

Je suis né à Lille, et mes parents habitaient à l’époque la ville de La Madeleine où ils étaient gardiens d’immeuble.

Ils ont décidé de s’installer à Canteleu en 1979, j’avais deux ans et demi.

Mes parents ont toujours occupé des emplois modestes, et m’ont inculqué très tôt des valeurs de travail, d’honnêteté et d’investissement au service des autres.

Aujourd’hui, je suis fier de ce précieux héritage que je vais essayer de transmettre à mes propres enfants.

Je fais mes premiers pas à l’école au sein de l’école maternelle privée Dominique Savio. C’était un véritable sacrifice financier pour mes parents que de me payer cette école, mais ils voulaient me donner ce qu’ils estimaient être le meilleur…Quitte à remettre à plus tard les vacances ou des travaux de confort dans la maison.

Je grandis à Canteleu, et je reste à Dominique Savio (avec une parenthèse d’un an à Sainte Odile) jusqu’à la cinquième… Je faisais parti des derniers élèves de cet établissement convoité par les promoteurs qui finiront par avoir sa peau…

J’ai connu à Canteleu le cinéma Jeanne d’Arc, l’église Saint Sépulcre où j’ai servi plusieurs années en tant qu’enfant de Choeur, les dizaines de cafés et commerçants…

En quatrième et troisième, je suis allé à Dominique Savio « Bourg ». Deux années exceptionnelles qui me marqueront à plus d’un titre… Notamment par les amitiés solides que j’y ai forgées, et qui existent encore aujourd’hui…

C’est lors de cette dernière année à Savio, que s’éveille ma « conscience citoyenne ».

En effet, j’ai découvert le football depuis quelques mois, que je pratique avec mes potes du quartier sur les terrains de fortune que nous trouvons…

Car il était difficile, voir impossible, de pouvoir occuper un terrain de la ville quelques heures (même s’il était inoccupé) avec mes compagnons. La ville l’interdisait.

Les stades et les salles de sport étaient gardées comme des banques, et nous nous faisions refoulés parfois violemment, alors que nous ne demandions qu’à faire du sport….

Nous nous replions alors dans les parcs comme « les Charmettes », avant de trouver un terrain qui va être notre espace de jeux durant plusieurs années, et que nous allons baptiser le « nouveau terrain ».

C’était en fait un jardin commun appartenant à des copropriétaires d’un lotissement situé rue de la Carnoy.

Vu que notre « bande » ,qui pouvait comporter jusqu’à 30 jeunes, était respectueuse, nous avions la sympathie de quelques « grands » (comprendre des adultes) du quartier qui venaient parfois taper la balle avec nous…

Chez nous, tout le monde était bienvenu… Du moment qu’on était respectueux des autres et qu’on ne cherchait pas d’histoires…

Mais la colère et l’incompréhension animent souvent notre groupe… A l’époque, nos adversaires (qui allaient devenir nos amis) sont les jeunes du Pacot. Ils ont la réputation d’être beaucoup moins sympas que nous…. Mais la municipalité, qui reste sourde à nos demandes de terrain,leur met à disposition une salle de sport pour jouer entre eux… Nous sommes révoltés.

C’est en 1992, que l’Adjoint à la Jeunesse de l’époque, un certain Yvon Cousin, lançe le « Conseil des Jeunes » qui a pour ambition de « donner la parole » aux jeunes.

J’ai alors 15 ans, et très vite, après avoir consulté mes amis, je décide que je ne vais pas me priver de cette opportunité…